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Katerina*

Ce témoignage a été légèrement modifiés par souci de clarté.

Mon conjoint et moi nous sommes rencontrés en 2014 et nous sommes mariés en Russie. En été 2016, après tous les procédures d’immigration, je suis venue au Canada rejoindre mon conjoint. Ce n’était pas mon premier mariage mais mon deuxième. Après 17 ans avec mon premier mari nous nous sommes séparés pour des raisons de son adultère. Alors quand j’ai rencontré mon deuxième mari qui me promettait beaucoup de soutien pour moi et ma fille de la première union, qui m’a promis qu’il était une personne à qui je pouvais faire confiance, je me suis dit, oui c’est la personne que je cherche. Pour venir le rejoindre au Canada j’ai dû abandonner beaucoup de choses dans ma vie, dans le pays d’où je viens. Là-bas nous vivions dans une grande ville, j’avais un très bon travail et ma fille du premier mariage fréquentais une très bonne école mais j’ai dû tout abandonner pour venir ici rejoindre mon nouveau conjoint. Mais j’en était amoureuse et il m’avait tant fait de promesses que moi je suis venu ici. Je suis venu ici pleine d’espoir.

Deux semaines après mon arrivée la vie a complètement changé. Les deux premières semaines tout était bien mais après deux semaines j’ai commencé à voir la vraie personne. Il était extrêmement jaloux et extrêmement contrôlant. En plus il avait un problème de consommation d’alcool et une fois qu’il consommait de l’alcool il devinait absolument insupportable. Il m’insultait, me dénigrait et m’humiliait, non seulement moi mais aussi ma mère et mon enfant. Mon enfant était témoin de tout.  Étant très jaloux, il me suivait en cachette lorsque je faisais du jogging le matin. Il inventait et était convaincu de tout sorte d’histoire et voulait que moi j’y crois aussi. Des histoires dans lesquelles il me voyait comme la femme infidèle etc. C’était insupportable de vivre ce genre de contrôle et de jalousie.

Ce n’est pas juste son attitude envers moi qui a changé mais aussi son attitude envers ma fille préadolescente. Il essayait de briser mon autorité et de m’éloigner de plus en plus d’elle. Il a commencé à l’amener à jouer à des jeux de loterie; à faire certaines activités qui pour les enfants de cet âge ne sont pas vraiment appropriée. Quand j’ai commencé à m’affirmer et à le confronter il a réagi de façon extrêmement colérique, de façon très explosive et ont a commencé à avoir beaucoup de problèmes. De plus, j’ai noté qu’il a commencé à voir ma fille d’une autre façon; pas comme sa belle fille mais avec un autre regard.

J’ai donc décidé de ne plus laisser ma fille toute seul avec lui. Mais il pouvait arriver qu’elle accepte des sorties où il devait y avoir d’autres membres de la famille qui allais les accompagner. Ma fille était toujours très excitée pour ces sorties familiales à l’extérieur. Alors même quand une fois la famille annuler, j’ai permis à ma fille de partir toute seule avec lui à l’extérieur pour l’activité. Ce soir-là ils sont restés à l’extérieur longtemps, à l’extérieur de la ville. Et au souper quand ils ont commencé à discuter de la sortie, ses propos étaient extrêmement dégradant et humiliant; exagéré de façon sexuelle à propos de ma fille pré adolescente. Je ne m’attendais pas à ce qu’il la voit d’une telle façon. Pour ma file, tout le monde de l’enfance est tombé. Et c’était tout un choc pour moi, j’ai dit c’est fini je ne peux plus faire confiance à cet homme. J’ai commencé à m’assurer que ma fille ne se retrouve jamais toute seule et bien sûr ça a eu un impact sur elle.

Le principale dans ma vie était de protéger mon enfant de mon conjoint. Je fréquentais les cours de francisation à temps pleins et donc je demandais à ma mère, qui habite ici au Canada, de m’aider. La situation est devenue insupportable. C’était impossible de toujours vivre dans la crainte et dans la peur que quelque chose allait arriver. Il n’arrêtait pas de m’insulter moi et ma fille. Il est devenu violent physiquement avec moi et une fois même avec ma fille. Ma fille s’est renfermée beaucoup et c’était très difficile de reconstruire des liens de confiance.

Une des amis de famille de ma mère qui étudie le travail social à l’université m’a dit que les femmes au Canada sont protégées et que la violence est quelque chose qui est intolérable ici et qu’il existe de l’aide. Elle m’a vraiment conseillé d’aller chercher de l’aide pour moi et ma fille et c’est ce que j’ai fait. Elle m’a donné le numéro de téléphone de SOS. C’est comme ça que je suis entrée dans une maison d’hébergement. Les gens ici m’ont rappelé que je suis un être humain qui peut reprendre sa vie en charge. C’est une expérience précieuse. Ce qui est important c’est qu’il y ait des gens qui écoutent et qui te fasse comprendre que tu vaux le coup et que tu es capable.

Y a-t-il quelque chose que vous aimeriez dire à d’autres femmes dans votre situation? Des conseils?

Je leurs dirais qu’il ne faut pas avoir peur de se défendre et de défendre leurs enfants, de ne pas avoir peur et d’avoir le courage d’aller chercher de l’aide et de pas avoir peur de reprendre leur vie en mains. Il faut se battre pour son estime de soi. Et cette bataille nous donne des ailes pour poursuivre notre vie et devenir heureuse; nous et nos enfants aussi. Quand la mère est heureuse les enfants qui sont avec elle sont heureux aussi.

* Les noms ont été changés à des fins de sécurité.