Ottawa, le 24 mars 2026 – Aujourd’hui, Hébergement femmes Canada (HFC) publie son nouveau rapport L’hébergement sous pression: Réalités de première ligne des maisons d’hébergement (MH) au Canada. Généreusement financée par la Fondation Un toit pour tous de Royal LePage®, cette étude explore comment les MH fonctionnent sous la pression constante d’un sous-financement chronique, d’infrastructures vieillissantes, de pénuries de main-d’œuvre et d’une crise du logement qui perdure.
L’hébergement sous pression fournit des données essentielles sur la hausse de la demande dans les MH venant en aide aux femmes, aux enfants et aux personnes d’une diversité de genres fuyant la violence. Plus de la moitié des personnes interrogées (57%) font état d’une augmentation des cas de violence fondée sur le genre depuis la pandémie, 52% signalent une aggravation de la violence et les trois quarts (75%) indiquent que la demande de services n’a cessé d’augmenter.
Mais les ressources nécessaires pour réagir à la situation ne se sont pas concrétisées. Plus de la moitié des MH ne peuvent pas couvrir leurs frais de fonctionnement sans recourir à des collectes de fonds, et 10% ne peuvent pas le faire même en y ayant recours. La grande majorité (84%) affirme que l’inflation et le coût de la vie constituent des défis majeurs, invoquant une augmentation des coûts de fonctionnement qui dépasse celle des financements opérationnels. Au cours des 12 derniers mois, 23% des MH ont déclaré avoir réduit ou supprimé un programme en raison d’un manque de financement.
« Partout au Canada, le personnel doit faire face au quotidien à la nécessité de faire plus avec moins », explique Anuradha Dugal, directrice générale d’Hébergement femmes Canada. « Les situations des survivantes sont de plus en plus difficiles et complexes, et les ressources très limitées à tous les niveaux. Même si cet état des lieux peut créer un sentiment d’isolement, notre nouveau rapport montre que ces défis touchent tout le secteur et nécessitent des changements au niveau des politiques et des systèmes. »
Outre la crise du logement abordable, qui entraîne une prolongation des séjours dans les MH et, par conséquent, une augmentation du nombre de refus, la hausse des taux de violence peut donner aux survivantes le sentiment d’être piégées, sans aucune option. Parallèlement, les MH font tout leur possible pour assurer la sécurité des survivantes; 80% des MH d’urgence et 65% des MH2 prolongent les séjours au-delà de la durée réglementaire.
Les MH répondent également de plus en plus souvent à des crises externes pour lesquelles elles ne sont ni conçues ni dotées des ressources nécessaires, sans bénéficier d’un soutien à l’échelle du système. Il en va ainsi de la crise des opioïdes, de la violence fondée sur le genre facilitée par la technologie et des urgences climatiques.
« Sans financement durable, sans investissements dans les infrastructures et sans solutions en matière de logement, poursuit Mme Dugal, la capacité des MH est poussée à ses limites, ce qui met en danger la sécurité des survivantes. Tous ces problèmes sont exacerbés dans les communautés rurales, isolées, nordiques et autochtones. »
Dans l’ensemble, le rapport L’hébergement sous pression met en lumière un secteur indispensable à la lutte menée par le Canada contre la violence fondée sur le genre et la violence entre partenaires intimes, mais qui fonctionne dans des conditions qui ne sont ni viables ni équitables.
« Il est important, pour l’héritage de cette Fondation qui existe depuis 28 ans et qui se consacre exclusivement à la violence conjugale, de financer des recherches novatrices comme celle-ci, déclare Lisa Gibbs, directrice générale de la Fondation Un toit pour tous de Royal LePage. L’hébergement sous pression est le seul rapport au Canada à brosser un portrait national du secteur des maisons d’hébergement, élément essentiel pour plaider en faveur d’un financement accru et de soutiens indispensables. »
Hébergement femmes Canada, en collaboration avec les associations provinciales et territoriales ainsi que des maisons d’hébergement individuelles, continue de plaider en faveur de changements politiques et sectoriels qui soutiennent les MH et les survivantes et leurs enfants. Cela implique notamment de travailler à l’élaboration d’un Plan d’action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe qui s’appuie sur un cadre national cohérent reconnaissant les MH comme des piliers essentiels des systèmes sociaux et judiciaires du Canada et comme des partenaires dans la promotion de l’égalité des genres, de la réconciliation et des droits de la personne.
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Contact pour les médias:
Kaitlin Geiger-Bardswich, directrice communications et plaidoyer
kbardswich@endvaw.ca
Hébergement femmes Canada rassemble 16 associations provinciales et territoriales de maisons d’hébergement et soutient plus de 600 maisons d’hébergement de tout le pays. Si vous ou une personne de votre entourage subissez la violence, vous pouvez trouver la maison d’hébergement la plus proche de chez vous au www.hebergementfemmes.ca.
