Ottawa, le 24 juillet 2025 – Comme beaucoup d’autres au pays, nous avons suivi de près le procès de cinq membres de l’équipe canadienne de hockey junior 2018, accusés d’agression sexuelle. Le verdict rendu aujourd’hui est profondément troublant – mais malheureusement pas surprenant.
Ce verdict reflète des tendances bien ancrées dans notre système : on remet en question la parole des survivantes, on minimise les faits, on détourne le regard. Et surtout, il met en lumière les nombreux obstacles auxquels les survivant·es de violences sexuelles sont encore trop souvent confronté·es dans leur quête de justice.
Ce procès a été difficile à regarder. Pour les survivantes, pour celles et ceux qui les soutiennent, pour toutes les personnes qui espèrent encore que le système judiciaire rende enfin justice – et pour toutes celles et ceux qui ont reconnu, dans ce procès et dans les médias, une histoire trop familière. On sait que des moments comme celui-ci réveillent beaucoup de choses : de la peur, de la colère, de la fatigue, de la douleur.
On veut être claires : on croit E.M. On croit les survivantes. Et on est solidaires, sans conditions, aujourd’hui et toujours.
Il faut énormément de courage pour briser le silence – surtout dans un système qui cherche souvent à minimiser les violences ou à discréditer celles qui les dénoncent.
En tant qu’organisation engagée à mettre fin à la violence basée sur le genre, nous exprimons notre solidarité envers toutes les survivantes – celles qui trouvent la force de parler, parfois à un coût personnel énorme, et celles qui ne se sentent peut-être jamais assez en sécurité pour le faire.
À Hébergement femmes Canada, nous entendons directement des maisons d’hébergement et des maisons de transition pour femmes à travers le pays qui constatent de leurs propres yeux l’impact de la violence sexuelle sur les survivantes et les immenses obstacles auxquels elles sont confrontées. Oui, les survivantes se tournent vers les MH pour leur sécurité physique, mais aussi pour se reconstruire, après avoir vécu la violence et un système qui les a laissées tomber. Ces maisons soutiennent des survivantes qui traversent des traumatismes, de l’itinérance, de la pauvreté, et des parcours juridiques souvent inaccessibles.
Ce cas n’est pas une exception. La violence sexuelle n’est pas un acte isolé. Elle est le résultat direct de systèmes qui perpétuent le patriarcat, la misogynie, la suprématie blanche, le colonialisme et la culture du viol. Des systèmes qui protègent souvent ceux qui sont au pouvoir et ne donnent pas la priorité à la dignité et aux droits des survivants.
On est en colère, et on a le cœur brisé. Mais on reste engagées, plus que jamais, dans la lutte pour un monde où les survivantes sont crues, protégées et soutenues. On est aux côtés d’E.M. et de toutes les survivantes dans leur quête de justice.
À toutes les survivantes qui lisent ce message : on vous voit. On vous croit. Et on est avec vous.
Besoin de soutien ?
Si vous ou quelqu’un que vous connaissez avez besoin d’aide, vous pouvez communiquer avec un refuge pour femmes ou une maison de transition dans votre région. Une liste des soutiens locaux est disponible à hebergementfemmes.ca.
